Enfin le retour du beau temps ! Après deux semaines de congés sans avoir beaucoup vu le soleil, et sans avoir trouvé l’occasion de pouvoir naviguer les quelques jours sans pluie ou sans vent, il me tardait de remettre le kayak à l’eau pour prospecter un peu mes chères libellules ! D’ailleurs une question se posait à ce sujet. Sur un forum où il est question d’odonates, les spécialistes trouvaient qu’en ce début de l’année 2014 les émergences précoce, alors que chez nous, rien ne volait encore la semaine précédente… Nous avons donc décidé de naviguer pour voir si ça commençait à bouger…
Première réelle sortie printanière de l’année, j’ai préparé le matériel la veille pour être sûr de rien oublier. Après avoir chargé les caisses et les bidons, je suis passé chez Christine chercher le kayak, que je charge maintenant seul sans le moindre problème. Au point de rendez-vous, pas grand monde ! Il n’y a que Xavier qui accompagne Laurent, et le choix du site est donc plus simple. Ce sera Ambialet ! On part donc pour une navigation sur le Tarn pour voir s’il y a des émergences en amont de la retenue à l’entrée du méandre, et aussi pour savoir si les berges peuvent être compatibles avec Macromia splendens, qui n’émergera en principe que début juin chez nous.
Première tournée rive gauche avec Xavier. Nous concentrons nos efforts sur les murs de soutènement de la route qui borde la rivière et des quelques rochers proches du méandre. A notre grande surprise, nous ramassons une bonne vingtaine d’exuvies de gomphidés. Nous ne sommes donc pas sortis pour rien ! Nous complétons d’années en années, de navigations en navigations nos connaissances sur les espèces des grands cours d’eau. Cette première sortie permet de savoir à quelle date les plus précoces d’entre elles apparaissent. De plus, le paysage est superbe et le calme du lieu très reposant ! Au passage, nous surprenons un héron bihoreau, probablement nicheur sur le lieu, information importante en cette année de recensement des ardéidés.
Deuxième tournée après avoir mangé, avec Laurent à bord pour remonter la rive droite sur laquelle la ripisylve est plus importante. Au départ, quelques libellules déprimées s’envolent devant nous (oui déprimées, pas à cause de la pollution des cours d’eau… c’est le nom qu’on leur donne en raison d’un abdomen bien aplati…). Un gomphe vulgaire vient même se poser sur le kayak. Ensuite, idem que pour la matinée, même si nous avons prospecté plus sur du végétal que du minéral, nous ramassons à nouveau une vingtaine d’exuvies de gomphidés, et quelques émergences en cours sur le trajet. Nous avons aussi observé une femelle d’agrion de Van der Linden en train de pondre sous l’eau, dont seul le bout des ailes dépassait à la surface !
Au retour, dans le ciel, hirondelles, martinets et milans noirs ponctuent une belle journée de prospection… Nous reprenons la route vers la civilisation, après avoir noté quelques espèces de libellules et d’oiseaux, même si les chiffres côtés odonates ne battent pas des records ! ■


