La Petite Suisse, un nom qui n’évoque pas vraiment le Tarn, et pourtant, c’est bien de ce lieu-dit que nous sommes partis ce jour-là ! Trouver une mise à l’eau sur le Tarn n’est pas facile, mais je rassure tout le monde, nous n’avons pas mis le Bélouga 2 à l’eau au sommet des Alpes, mais au nord du village de Couffouleux. Jean-Louis et Évelyne, de la LPO Tarn me parlent de cette zone d’accès aux berges depuis que je traine en kayak sur les rivières de notre département. L’invitation datait d’un bon moment déjà, mais avec nos agendas de naturalistes, pas facile de trouver un créneau disponible avec eux pour faire le tronçon de Rabastens au château de Saint-Géry, en amont. Heureusement que lors de mes congés de juillet, j’ai eu au moins quelques journées de beau temps… Et nous avons enfin réussi à nous croiser.

La mise à l’eau, très discrète et sans rampe béton permet en effet de mettre une embarcation à l’eau sans trop de problème. Après avoir descendu le kayak, le matériel et fait le petit briefing à Évelyne, nous avons pris le large et mis le cap en aval vers le village de Rabastens. Sur le trajet, que du classique : des Bihoreaux gris, des Aigrettes garzettes, de libellules mais pas d’exuvies… Rien de bien exceptionnel, à part le Bihoreau gris juvénile, signe d’un probable site de nidification à proximité.
Nous repartons ensuite vers l’amont de la rivière, vers le barrage de Saint-Géry à la recherche de traces de castors et de loutres… Nous explorons les berges dans les moindre détails, mais rien n’y fait… Pas de traces, peu d’exuvies, quelques libellules en vol mais rien d’exceptionnel… Sur les berges, peu d’activité dès que l’on s’éloigne de Rabastens. Le peu de mise à l’eau et de points d’accès à la rivière semble décourager les pêcheurs. Quelques barques attendent un hypothétique passager sous les frondaisons, d’autres gisent abandonnées… Rien de bien vivant, mais c’est certainement bien mieux pour la faune sauvage. Cette déprise des bords du Tarn semble profiter à de nombreuses espèces, dont le castor et la loutre, qui s’étendent de plus en plus vers l’aval.


Arrivé au barrage, nous passons du temps à chercher des exuvies, mais nous n’en récoltons pas énormément. Au dessus de la retenue, nous apercevons le château de Saint-Géry, dont les premières constructions datent du 7ieme siècle. Une pensée m’occupe l’esprit au retour… Comment était le Tarn à cette époque là ? Jean me dirait probablement qu’il y avait autant de monde si ce n’est bien plus au bord de l’eau, car par le passé les gens utilisaient bien mieux que nous les ressources qu’offrent nos grands cours d’eau… Y avait t’il alors du Castors et de la Loutre ? Les obstacles étaient de toute façon probablement moins important et les mammifères devaient avoir moins de difficultés pour les franchir… De nos jours, ces sont des ouvrages gigantesques, à l’image de la retenue de Rivières et passer ces grandes chutes d’eau n’est pas forcement de tout repos.

Sur le retour, nous passons en revue chaque tronc d’arbre et chaque rocher, mais toujours rien… Nous revenons donc au point de départ sans avoir fait de belle découverte… A l’arrivée, nous trouvons Françis, de l’ONCFS, sur place pour la pause repas. Lui aussi cherche du Castor et de la loutre et ne semble pas non plus en avoir trouvé la moindre trace sur le secteur. ■