Sortie n°27 – Vendredi 11 juillet 2014Le Tarn de Rivières au barrage de la Bourélie

Sortie n°27 – Vendredi 11 juillet 2014
Le Tarn de Rivières au barrage de la Bourélie

Il est des sorties que l’on espère faire un jour… Et cette sortie, il y a longtemps que je veux la faire ! Et elle a quoi d’exceptionnel ? C’est simple, le tronçon se situe juste sous le village de Rivières, et la mise à l’eau quelques mètres seulement en aval des ruines d’une écluse que je regarde depuis des années dans la longue-vue depuis le pont-barrage de Rivières. Les ruines, vues depuis mon poste d’observation sont toujours pleines d’oiseaux, souvent cachés dans les coins et les recoins des pans de murs encore debout. Je me suis souvent demandé comment c’était de dedans… L’idée d’en approcher un jour en kayak avait fait son chemin, il me manquait juste la mise à l’eau, que j’ai finit par trouver en regardant les cartes satellites sur ordinateur et via quelques informations de nos ornithologues maison.

Rivière Tarn
Juste après la mise à l’eau, avec les arches du barrage de Rivières en fond.

Julie, quant à elle, a bloqué sur le pont-barrage de Rivières. C’est en effet un obstacle majeur à la libre circulation des mammifères aquatiques le long du cours d’eau. En effet, l’imposante construction doit présenter pas mal de difficultés pour la franchir. Pourtant le castor semble avoir réussi… Mais bon, la psychologie de la loutre n’est pas la même, m’explique t’on ! Madame est très compliquée et ne va pas forcement réagir comme on s’y attend…

C’est donc avec Julie que je mettais le kayak à l’eau par un matin nuageux de juillet sous le village de Rivières, pour une petite prospection jusqu’au barrage de la Bourélie, en amont de Gaillac. Sur place, personne sur les postes de pêche, mais une séance de mise à l’eau sportive nous attendait ! Et la zone était bien boueuse, mais il en fallait plus ce jour-là pour me retenir !

Rivière Tarn
A l’approche des ruines de l’écluse, sous le barrage de Rivières

Un fois sur l’eau, nous avons commencé par explorer en amont, vers le barrage, en essayant de rester hors de la zone d’exclusion de l’ouvrage, soit 600 mètres. Les rochers en face de la mise à l’eau ont été soigneusement inspectés, mais aucun d’entre eux ne portait le moindre trace d’épreinte. Un peu plus loin, un cri d’alerte retentit… Un Faucon pèlerin nous passe juste sur la tête et vient se poser sur un arbre à moins d’une centaine de mètres de nous. Ce n’est pas la première fois que je le trouve ici, mais cette fois, il nous signale qu’on le dérange… Monsieur à ses habitudes et nous passons notre route pour le laisser tranquille. Plus loin, un jeune Bihoreau gris s’envole. Sa livrée indique bien un juvénile de l’année, qui vole probablement depuis peu. C’est une donnée intéressante, 2014 étant un année de recensement des colonies d’ardéidés (les hérons, quoi…)

Nous finissons par arriver au bout de la zone autorisé (hors de la zone des 600m à une centaine de mètres près…), juste en sortie de l’écluse. Nous passons toujours autant de temps à chercher nos fameuses épreintes, mais toujours rien… Quelques Chevaliers par ci et par là, des Martins-pêcheurs toujours à nos côtés, mais pas de traces de loutres…

Rivière Tarn
Visite de l’écluse en ruine sous le barrage de Rivières.

Rien en amont de la mise à l’eau… Nous tentons notre chance vers l’aval. Sur le trajet vers Gaillac, quelques oiseaux se laissent observer dans de bonnes conditions. Loriots, Guêpiers, Aigrettes garzettes et Martins-pêcheurs sont donc bien présents sur les rives en amont de Gaillac. Arrivés au barrage, après avoir regardé chaque bois flottant et chaque rocher, toujours pas d’épreintes… Nous faisons demi-tour avec encore ce sentiment désagréable de rentrer bredouille…

Mais juste après avoir fait demi-tour, une rencontre vient donner à la journée un éclat particulier. Une rencontre avec un animal commun, mais dans des circonstances exceptionnelles ! Je ne sais toujours pas si c’est parce qu’on est dans un kayak et qu’il ne reconnait pas un bipède ou qu’il savait qu’on n’aurait jamais le temps de débarquer, mais il s’est laissé approcher de très près… Qui ? Un renard, couché à l’entrée de sa tanière nous a laissé amener la coque contre la berge et le photographier pendant plus d’un quart d’heure, avec dans le regard aucune peur ni inquiétude… Nous l’avions à quelques mètres… J’ai même eu le temps de sortir le 300 mm pour l’ajuster plein cadre ! Nous lui avons finalement souhaité une bonne fin de journée et nous sommes partis, sans qu’il ait bougé d’un pouce de sa position.

Cette rencontre nous a fait oublier tout le reste ! Comme quoi, la nature nous apporte toujours de belles surprises ! ■

Renard Roux
Maître Goupil sous sa falaise, bien à l’abri des regards indiscrets… sauf depuis la rivière !
Renard Roux
Maître Goupil, sous sa falaise couché, se laisse gentiment tirer le portrait