Perdu au milieu de la forêt, entre la Montagne Noire et les Monts de Lacaune, le lac des Saints-Peyres est un véritable petit bijou. L’accès à ses berges se fait uniquement par des pistes peu connues et pas toujours très praticables, ce qui limite le nombre de personnes qui viennent s’y promener. C’est l’endroit idéal pour venir se détendre, pique-niquer, lire un bon bouquin et se promener sur l’eau.
En ce début du mois d’août, le niveau d’eau était vraiment très bas… En peu de temps, depuis la mi-juillet, le niveau était descendu de façon spectaculaire… La mise à l’eau s’est faite ce jour-là dans la petite crique avant d’arriver à l’ancien club nautique, le relief mis à nu en contrebas de la rampe en béton étant un peu trop escarpé…

Ce jour-là, c’est Florence qui se trouvait en place avant du kayak. Après les nombreuses discussions sur les coins perdus de notre bonne vieille planète et mes nombreuses allusions à la tranquillité de ce lac, il était temps qu’elle vienne le découvrir. La mise à l’eau après portage, sur un petit bout d’une plage plus boueuse que sablonneuse s’est plutôt bien déroulée, même si je préfère descendre le Bélouga 2 sur la rampe en béton… Aux premiers coups de pagaies, on sent déjà que ça va être une navigation surprenante, comme souvent sur ce lac. L’arrivée du ruisseau de Peyroux dans le lac a bien changé depuis le mois dernier… Plus beaucoup d’eau dans ce bras que formait le lac, mais un ruisseau qui serpente et dans lequel on s’engouffre avec plaisir ! Sur les berges mises à nue, apparaissent de nombreux troncs d’arbres, vestiges du passé, laissés là il y a 80 ans !




Un peu plus loin sur une plage isolée et ensoleillée, nous avons fait une petite halte afin de lire et de prendre le soleil, en attendant Jean-Yves qui devait bientôt nous rejoindre. Toujours autant de calme, pas de bruits de voiture ou de moto, pas de bruits d’avions comme c’est souvent le cas en forêt de Grésigne, mais seulement le bruit du vent dans les arbres et quelques rares chants d’oiseaux. J’ai profité de la pause comme d’habitude pour photographier le Bélouga 2 sous tous les angles possibles, avec une lumière très agréable.



Après la pause, nous avons essayé de remonter le plus haut possible en amont. Mais arrivés au coude que fait le lac sous la « Ville morte », il s’est transformé soudainement en rivière et est devenu impossible à naviguer. Natrix s’est encore faufilé sur quelques dizaines de mètres entre les rochers contre le courant pour essayer d’aller un peu plus loin, mais les gros cailloux qui défilent sous la coque sont impressionnants et je préfère ne pas insister ! Avec le courant et les belles arêtes de ces blocs de pierre, c’est idéal pour trancher une coque en fibre de verre… Nous reprenons donc la route du retour sur laquelle nous croiserons peu après Jean-Yves à bord de son superbe Bélouga 1 à voile.

Avec Jean-Yves, sur le chemin du retour, nous nous sommes engagés dans le petit ruisseau de Nègrerieu pour montrer le pont et le moulin de Bonnet à Florence. En l’occurrence, il s’agit d’un moulin bien ancien, avec encore une meule dans un trou rempli d’eau. Le pont, lui aussi très ancien est toujours debout, et parfois sous l’eau suivant la saison. Cette fois là, pas de soucis pour voir le pont, le niveau du lac était tellement bas que nous avons laissé les embarcations bien loin et nous avons fait une petite promenade pour accéder au pont et aux ruines du moulin. Après une bonne demi-heure de promenade pédestre, nous avons repris la navigation pour rentrer. Jean-Yves a remonté le Bélouga 2 avec son 4×4 sur la remorque de son kayak, idée à retenir pour les fois suivantes.
Encore une fois, une belle promenade nautique sur un lieu toujours aussi changeant, mais jamais décevant… Un lieu qui je l’espère restera encore longtemps ignoré des foules… ■

