Divers – Septembre 2012Première navigation à bord d’un Bélouga 2

Divers – Septembre 2012
Première navigation à bord d’un Bélouga 2

Par un beau matin de septembre, avec le club Nautabene, nous avons pris la route vers Lescure d’Albigeois. C’était ma première vraie sortie sur ce gros kayak biplace qu’est le Bélouga 2, et même si je m’attendais à voir pas mal de choses inhabituelles, je n’ai pas été déçu, loin de là !!! C’était aussi ma première navigation avec mon appareil photo, dans son nouveau sac étanche… J’allais enfin pouvoir tester comme il faut… Et pour un premier test, c’était du lourd !

Bélouga 2
Un Bélouga 2 avec son équipement… La cheminée, c’est l’aquascope !

La mise à l’eau n’a rien de compliqué : il suffit de poser l’engin sur un chariot, d’atteler les bœufs, et le tour est joué ! On arrive en bordure de rivière sans trop d’effort. On pose ensuite le kayak sur l’eau et on l’attache au cas où… Puis on prépare son matériel… Et comme on navigue pas pour le sport, on prend plein de trucs bizarres : des jumelles, un GPS, un carnet de notes, un aquascope (un appareil pour regarder sous l’eau, un truc d’archéologue !), son repas de midi et quand même un peu à boire…

L’embarquement est plutôt facile : on approche le kayak de la berge et on monte dedans… Si, on monte dedans… Pas besoin de poser la pagaie sur le rebord pour éviter qu’il se renverse comme sur de nombreux autres kayaks… On pose simplement ses pieds dedans et ses fesses sur le siège en évitant bien entendu les gestes brusques, rien de bien compliqué hein ! Je dis ça parce qu’un collègue odonatologue risque un jour de lire ces lignes et se rappellera une mise à l’eau (à tous les sens du terme !) sur un autre genre de kayak du côté de Montricoux, pour une promenade dans un paysage qui valait vraiment le coup de mouiller plus que la chemise !

En place avant, la sensation est quand même assez surprenante… Rien ne gène la vue et on a l’impression d’être vraiment au dessus de l’eau. Manipuler la pagaie n’est pas si simple qu’on peut l’imaginer, et j’ai certainement ressemblé à une libellule qui a du mal à décoller ! Merci à l’ancien qui était à l’arrière de pas avoir trop râlé ! Mais petit à petit ça vient… Et le geste ne coûte vraiment que peu d’efforts ! C’est vraiment une sensation très agréable, et avec l’habitude, quand en effet on arrive à oublier le geste, c’est plus que du plaisir (il avait bien raison le Guy !)

Côté photo, c’est enfin la première séance à bord de l’embarcation. D’autres ont certainement essayé et réussi bien avant moi, mais j’appréhendais quand même pas mal cet essai… L’appareil, au sec dans son sac est quand même facile d’accès. La lumière de fin d’été est agréable pour ce genre d’exercice, et même si c’est pas de l’art, je ramène quand même quelques belles images-souvenirs.

Côté nature, un vrai bonheur ! On a enchainé les traces de castors et de loutres, un héron bihoreau sur sa branche à quelques mètres, un épervier qui vient taper un passereau dans un buisson, un balbuzard pêcheur en vadrouille, et pour finir, un bijou de couleur purpurine posé sur son reposoir en plein milieu de la rivière. Cette merveille est une petite libellule couleur lie-de-vin, Trithemis annulata, qui vient d’Afrique et qui colonise naturellement le continent européen depuis peu. Découverte en 2012 dans le Tarn, on la cherche avec attention et on suit son évolution avec les collègues odonatologues sur le bassin castrais. On ne s’attendait pas à la trouver si loin au nord en si peu de temps… Une belle surprise donc, et ponctuée par une belle photo, grâce à la dextérité de Jean, le « pilote » qui a réussi à nous positionner exactement comme il faut par rapport au radeau de branche.

Bilan de la journée : pas mal de belles rencontres et l’impression grandissante, confirmée par la suite sur d’autres sorties, que le kayak est en effet un superbe moyen de prospection, discret, silencieux, rapide et qui ne demande pas une activité sportive trop engagée.

En conclusion, comme le disais Guy, ça se passe chez nous, dans le Tarn, et pour peu qu’on prenne la peine de bien regarder, il y a beaucoup de merveilles à voir ! ■

Trithemis annulata
Trithemis annulata
Trithemis annulata, libellule africaine qui colonise naturellement le sud de l’Europe, trouvée sur le Tarn à Lescure d’Albigeois (Donnée la plus au nord du département à ce moment là)