Le Tarn et l’Aveyron, encore et toujours ! Mais dans quel ordre cette fois ? Et pourquoi ce choix d’ailleurs ? Pour changer, c’est la quête de Macromia splendens qui nous a amené là, vous l’aviez deviné… On a constaté que sur la rivière Tarn, dans le département de l’Aveyron, l’espèce a probablement fortement régressée, pour ne pas dire disparue. C’est le constat que nous avons malheureusement fait sur le secteur de Saint-Rome-de-Tarn. Mais plus bas, une zone me paraissait quand même plus propice, parce que moins fréquentée et moins polluée au premier abord, et parce qu’elle est bordée de superbes falaises aussi… Il s’agit des Raspes du Tarn. J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai donc proposé à Didier de m’accompagner sur cette belle virée. Outre l’intérêt naturaliste, les paysages sont superbes.

Nous voila donc une fois de plus sur la route, direction la base de la Nauque, pour une mise à l’eau de luxe, bien entendu, encore une fois, une mise à l’eau aménagée par les pêcheurs pour leurs embarcations. Le temps est magnifique pour une virée sur l’eau et la prospection démarre bon train, sous un ciel bleu, sans le moindre vent pouvant nous gêner. Les premières falaises et les talus qui les jalonnent sont passés au peigne fin… Mais aucune exuvie de Macromia splendens… Peu d’autres espèces d’ailleurs… Pas beaucoup d’individus en vol non plus… Si, soudain, un gros anisoptère au vol rapide nous passe sous le nez… Pas le temps de voir comme il faut, mais il me semble bien reconnaitre un adulte de macromia, mais sans certitude aucune… Vous l’aurez donc compris, une journée sans la moindre surprise du côté des odonates… Seul regret, ne pas avoir contacté Macromia splendens et si peu de libellules en général…
Au bord du kayak, au ras de l’eau, le paysage est superbe. Les falaises de schiste bordent une grande partie de l’Aveyron, qui serpente dans ce paysage moitié minéral, moitié végétal. De nombreuses petites criques viennent agrémenter le parcours… A chaque ruisseau qui se jette dans le Tarn, le spectacle est toujours au rendez-vous, comme les poissons qui sont toujours présents et visibles dès que le fond remonte.

Après quelques heures de navigation, nous avons quand même pris le temps de faire une grosse pause repas, dans une anse aménagée comme un mini-port par des pêcheurs. L’avantage du Bélouga 2 est de pouvoir embarquer un casse-croute conséquent, surtout quand on navigue avec Didier, qui a aussi bon appétit que moi ! Sur la photo qui suit, le Bélouga 2 amarré et son équipement de sécurité en train de sécher… Même en été sur un cours d’eau calme, il est toujours plus prudent de partir bien équipé !

La Balade s’est poursuivie dans l’après-midi quasiment jusqu’à la retenue d’eau de Pinel, qui marque la fin de la balade dans le sens amont-aval. Nous avons donc rebroussé chemin pour revenir vers la base nautique de la Nauque non sans avoir croisé un bateau de ski nautique et son inséparable skieur, en l’occurrence, une skieuse… Troublante apparition dans ce lieu si silencieux avant leur intrusion… Arrivée de bruit, mais aussi d’odeurs désagréables de gaz d’échappement et d’huile moteur, dont on voit toujours d’innombrables traces dans le sillage… Suivi peu après par le seul avantage à croiser ce genre d’embarcation, les inévitables vagues qui m’ont bien amusé… Ça secouait enfin un peu ! J’avoue que comme Didier, j’ai du mal à admettre qu’on puisse venir troubler un tel lieu avec un engin à moteur, surtout pour faire faire seulement quelques centaines de mètres à un skieur en manque de sensation… Il y a des lieux bien plus adaptés sur le Tarn ou sur la côte méditerranéenne pour ce genre d’activité, envers laquelle je n’ai aucun grief, quand pratiquée ailleurs et dans d’autres conditions…

Avant de débarquer, décision est prise de pousser un peu en amont de la base de la Nauque et d’aller voir la cascade et les grottes de Saint-Rome-de-Tarn. On met donc à nouveau en route à grand déroulé, pour arriver rapidement sous les rochers de tuf de la cascade des Baumes. Sous cette cascade, des petites grottes sont accessibles par voie d’eau que nous avons embouqués avec le kayak. A l’intérieur, impossible d’y loger l’embarcation en entier et nous sommes ressortis en marche arrière, mais on a quand même bien la sensation d’être sous terre ! A la sortie de la grotte, passage quasi-obligé sous la cascade des Baumes, qui s’écoule sous une mousse d’un vert éclatant ! Un lieu bien agréable, mais hélas bien fréquenté…

Mais la journée s’achève et il faut bien rentrer… Quelques coups de pagaies suffiront à nous ramener à la voiture, après quelques 20 kilomètres en 4 ou 5 heures, sans forcer… Une petite moyenne largement justifiée par la recherche d’exuvies et le temps pris pour admirer les paysages. Cette promenade au fil de l’eau, en ayant croisé si peu de monde et dans un paysage si particulier est à faire et à refaire sans modération, en toute saison. Seul regret de la journée, ne pas avoir contacté Macromia splendens et avoir vu si peu de libellules. ■