Prospection sur un tronçon de la rivière Agout et du Dadou afin de repérer une héronnière d’une espèce de héron pas toujours facile à trouver… La preuve…

2014, année de recensement des populations françaises d’ardéidés… Les ardéidés, surnom d’une équipe de foot ? Ben non, c’est le nom savant de la famille des hérons… Vous savez, ces oiseaux montés sur des échasses, que l’on trouve souvent dans les prés, celui qui est tout blanc, en groupe, le héron Garde-bœufs ou celui qui est grand et rayé de gris, le héron cendré… En Europe, on en compte 9 espèces, et cette année, on fait un recensement des nids afin de savoir si les populations se portent bien… Et compter les nids, souvent dans des arbres, dans lesquels de nombreux oiseaux ont pris place, c’est pas toujours facile… Surtout si la colonie en question s’est établie au bord de l’eau et que les berges sont inaccessibles…
La solution au problème, c’est de prospecter en kayak, en faisant très attention à ne pas trop approcher la colonie… En effet, la panique provoquée par un intrus peut entrainer un décollage d’urgence des adultes et causer la perte de nombreux œufs ou jeunes. Mais le problème que pose cette solution est le même pour les autres sorties en kayak de mer sur rivière : la météo… Et cette année, malgré les nombreux plans sur la comète, le printemps a de nouveau été pluvieux. Nous n’avons pas eu l’occasion de prospecter plus tôt… Trop d’eau, trop de courant et trop de vent… Au fil du temps, l’expérience viendra probablement nous aider à surmonter ces difficultés… Les coéquipiers que j’embarque connaitront mieux le bateau et les conditions de navigation pourront être un peu moins « kayak loisirs » sans pour autant qu’on se fasse pas un peu plaisir, plaisir qui me parait essentiel dans le cadre du bénévolat !
Après avoir patiemment attendu que la météo veuille bien nous ouvrir une petite fenêtre, et suite à un après-midi de reconnaissance le long de l’Agout, nous avons enfin mis à l’eau à Saint-Jean-de-Rives, en amont de la retenue d’eau. Encore une fois un lieu aménagé par des pêcheurs, sans pour autant dénaturer les berges… Pas de mise à l’eau avec rampe en béton, juste une petite pente douce en terre creusée dans le talus, mais qui suffit pour mettre à l’eau le Bélouga 2.
Le départ de la prospection a donc eu lieu sur l’Agout, sur quelques mètres, avant de bifurquer rive droite pour embouquer le Dadou. Nous découvrons alors une petite rivière qui malgré la pollution qu’elle a connu et qu’elle subit encore est très agréable à naviguer. Les berges, inaccessibles depuis la terre par endroit, sont très végétalisées et la ripisylve (les arbres au bord de l’eau) est superbe et forme par endroit un magnifique tunnel de verdure ! Hélas, trop belle la ripisylve ! Impossible de distinguer quoi que ce soit dans les branches. Pourtant, une héronnière, même de taille modeste doit laisser des traces et ne peut pas passer inaperçue… Le Bélouga 2, malgré des passages avec très peu de fond, se faufile doucement jusqu’au moulin du Carla, que nous n’avons pas essayé de passer, puis nous observons une nouvelle fois les berges, Philippe à l’avant aux jumelles pour passer les arbres au peigne fin… Mais malgré de nombreux oiseaux, dont bon nombre de bergeronnettes des ruisseaux et de martins pêcheurs, aucun héron pourpré, ni héronnière… Sommes-nous arrivés trop tard en saison et les jeunes ont-ils pris l’envol ? Les adultes ont-ils décidé de partir nicher ailleurs ? Il nous faudra revenir en hiver afin de voir si les silhouettes dénudées des arbres veulent bien nous livrer leurs secrets !
Nous terminons la virée par une belle remontée de l’Agout jusqu’au lieu-dit « En Roque ». Sur la route, un héron cendré, de nombreux milans noir, des loriots très loquaces et le chant magnifique de la Bouscarle de Cetti agrémentent le trajet un peu plus monotone le long des berges abruptes. Quelques falaises qui paraissent intéressantes, mais rien de bien nouveau pour étoffer cette année de recensement sur les hérons.
Après onze kilomètres de navigation, nous rentrons quand même contents de la balade, malgré l’absence de données sur le héron pourpré. Mais c’est ainsi en sortie nature, il faut beaucoup chercher pour finir par trouver… Impossible de garantir à l’avance que les oiseaux seront présents… Suite au prochain épisode, lors d’une probable navigation hivernale ! ■