Sortie n°20 – Dimanche 15 juin 2014Prospection odonates sur le Viaur

Sortie n°20 – Dimanche 15 juin 2014
Prospection odonates sur le Viaur

Suite à une sortie en 2013 sur cette partie du Viaur, et à la vidange de la retenue de Thuriès l’hiver dernier, je souhaitais, dans le cadre de la collecte d’exuvies de libellules avec l’OPIE-MP, refaire ce segment en amont du barrage pour vérifier que le maigre bilan de la récolte de l’an dernier n’était pas dû au hasard… Retour sur une sortie pleine de vie, mais sans libellules et sans exuvies…

Rivière Viaur
Prospections odonates sur le Viaur

La veille de cette navigation, de retour d’une sortie avec la LPO au dessus de la retenue de Thuriès, j’ai croisé Laurent, de l’OPIE-MP, installé avec sa petite famille pour le week-end au camping sur les bords du Viaur sous Pampelonne. Nous avons décidé de prospecter à nouveau cette superbe rivière, mais plus en amont du barrage, afin de voir si la maigre collecte de l’année dernière était le fait du hasard ou pas. Restait à trouver une personne pour m’accompagner… Didier, avec qui je devais naviguer allait trouver la route trop longue et Sandrine, une nouvelle adhérente de la LPO ayant suivie la conversation s’est proposée à sa place ! « Échanger » un grand sportif comme Didier avec un petit bout de femme de 1,55 m et qui pèse trois fois rien, le pari était risqué, mais le résultat très surprenant ! Le lendemain matin, j’ai donc récupéré le kayak de bonne heure, puis embarqué Sandrine sur Albi, afin de rejoindre la mise à l’eau sur le Viaur. Laurent, suite à une petite matinée famille ne nous rejoindrait que pour le repas en bout de parcours pour mettre ensuite à l’eau plus en amont encore.

Le déchargement et la mise à l’eau se sont effectués sans difficultés en amont du barrage. Un petit briefing juste avant de démarrer pour expliquer à Sandrine comment régler les cales-pieds (et surtout pourquoi on pose les pieds dessus) et comment essayer de pagayer du mieux possible avec le peu que je sais… Et nous voilà en route vers l’amont du barrage pour 14 kilomètres ! Sandrine, qui a déjà fait du kayak avec son mari prend d’entrée un rythme très agréable, un geste sans interruption bien fluide et Natrix glisse sur les flots avec aisance, sans le moindre à-coup. Nous profitons de cette facilité de déplacement du kayak pour flâner le long des falaises à la recherche de faucons pèlerins qui l’année d’avant nous avaient poliment demandé de passer notre route. Cette année, Seules les hirondelles des rochers viennent écrire quelques virgules sur des falaises hélas bien vides. Plus loin nous assisterons à une démonstration de vol de Grands-corbeaux, ponctuée de cris gutturaux très caractéristiques de l’espèce. Quelques Milans noirs, Buses variables et Bondrées apivores sillonnent le ciel au dessus de la vallée.

Rivière Viaur
Prospections odonates sur le Viaur

Le long des berges, quelques secteurs qui me paraissent propices sont passés au peigne fin pour essayer d’y détecter ces fameuses exuvies. Exuvies qui permettent aux odonatologues d’attester qu’une espèce est bien présente dans l’intégralité de son cycle de vie sur le lieu de sa découverte. Mais là aussi, peu de résultats malgré les recherches de deux paires d’yeux pourtant bien affutés… La récolte sur la journée ne sera pas formidable et Laurent, l’après-midi sur son secteur, ne fera pas mieux que nous… L’hypothèse évoquée par ce dernier, que je soutiens et que je comprends mieux depuis que j’ai vu le barrage de Thuriès lors de sa vidange l’hiver dernier est que cette nécessaire vidange expose les larves et cause leur perte.

Rivière Viaur
Prospections odonates sur le Viaur

En flânant le long du cours d’eau, nous passons sous de nombreux arbres qui forment une voute d’un vert très lumineux pour arriver dans de magnifiques anses où se jettent de jolis petits ruisseaux. En ces quelques lieux, tous situés en aval du tronçon, près du barrage, nous arrêtons de pagayer pour profiter de l’ombre et faire quelques photos, tellement c’est agréable !

Rivière Viaur
Prospections odonates sur le Viaur

Après une bonne heure de navigation, nous arrivons sous le village en ruine surmonté de la petite église de « Las Planques ». Nous passons sous la passerelle, mais nous n’avons pas le temps de nous arrêter pour flâner, afin de ne pas manquer le rendez-vous avec Laurent. Peu après le village, le paysage deviens moins rocailleux et les bords de la rivière sont d’accès plus facile. Nous apercevons au bout d’une heure le pont de Tanus. Nous attendons Laurent et sa petite famille pour débarquer et manger au bord de la rivière. Après avoir fait faire un tour de kayak aux enfants, nous prenons le chemin retour. Rien de mieux qu’à l’aller, pas plus de libellules sur les points que nous prospectons.

Le mystère reste entier sur ce secteur, comme sur d’autres tronçons du Tarn, quant à la collecte des exuvies si faible en quantité et en diversité… Malgré tout, la navigation était superbe et le paysage sur cette petite rivière me plait toujours autant. Une promenade nautique que je ne manquerai pas de renouveler ! ■