Une petite sortie nature qui commence par une navigation dans l’Histoire… XVIIème siècle, en bordure du Tarn à Gaillac… Sur l’actuel Quai Saint-Jacques, de longs bateaux étroits et à fond plat, les gabarres déchargent toutes sortes de denrées provenant de Bordeaux, et même de bien plus loin, des colonies… « Mines » de sel, poissons salés, sucre, café, épices… Bois de chêne du Quercy et charbon de Carmaux, entre autre, prennent la rivière en sens inverse… A cette époque là, le Tarn avait un rôle économique important et la navigation était très intense… Il fallait à ces bateaux de commerce 8 jours pour faire Gaillac-Bordeaux et 15 à 20 jours en sens inverse. De nos jours, la navigation commerciale, concurrencée par d’autres modes de transports a cessé depuis longtemps… Les quelques traces qui subsistent, je les croise souvent en kayak. Il s’agit des nombreuses écluses, comme celle du pont-vieux à Albi, de Rivières, de Villemur-sur-Tarn… Ici, à Gaillac, il y a d’ailleurs les restes d’une écluse, ainsi qu’un quai, le Quai Saint-Jacques.
Et c’est là que nous avons mis à l’eau avec Julie. Cette journée commençait bien… Un superbe soleil venait illuminer les berges du Tarn, mais quelques nuages au loin assombrissaient le ciel et nous rappelaient que l’orage n’était pas loin… Il ne fallait donc pas trop tarder… C’est un peu pour ça qu’on avait décidé de faire une petite prospection pour revenir avant la fin de l’après-midi.

Un fois la mise à l’eau effectuée, nous avons remonté la rivière vers la digue, toujours afin de trouver des traces de loutres, et de récolter des exuvies de libellules, vous l’aurez tous compris ! Hors de question pour nous de charger une caisse de Gaillac pour aller la vendre à Bordeaux… Je me suis donc retrouvé, avec Julie, en aval du pont de l’Abbaye de Gaillac, pont sur lequel, encore un fois, je passe bien souvent en voiture, ou à pieds pour observer les oiseaux. Le point de vue du milieu de la rivière est toujours aussi surprenant, surtout lorsque qu’on est habitué à un lieu. J’ai beaucoup aimé cette petite viré en amont des quais, malgré la lumière en contre-jour fort peu avantageuse à cette heure de la matinée et qui m’a empêchée de faire des photos correctes, comme vous le verrez ci-dessous…

Demi-tour à proximité de l’ouvrage hydro-électrique en aval de la chaussée et début de la descente vers Montans… Nous passons au peigne fin les berges, qui par certains endroits nous paraissent très propices à la loutre… Mais bien entendu, toujours aucune trace d’elle… Autre moment très important pour moi, que j’attendais depuis longtemps, encore une histoire de pont, de route et de point de vue… J’attendais en effet depuis longtemps de découvrir le Tarn en aval de Gaillac et d’effectuer le passage sous le pont de la D968, en contrebas du magasin Leclerc… Je sais maintenant comment c’est en bas ! Et pas de déception, c’est en effet plutôt sauvage, il y a apparemment des accès aux berges mais elles sont peu fréquentées et difficiles à pratiquer… Nous avons pu profiter des derniers rayons de soleil sous une ripisylve bien abondante… C’était un trajet bien agréable, et bien agrémenté par de nombreux oiseaux.

Arrivés au bout du trajet, sous un ciel menaçant, nous avons rejoint la rive côté gauche, afin de se mettre à l’abri sous les frondaisons, en attendant que l’averse tant attendue finisse… Sur cette berge, l’accès est facile à pied depuis Montans. Les pêcheurs du coin ou d’ailleurs ont ouvert de nombreux chemins qui suivent la berge, et qui aboutissent au petit parking juste avant d’entrer dans le village, à proximité immédiate de la petite station de lagunage. N’ayant pas trop de temps, nous ne chercherons pas de moyen de contourner le barrage. Nous rentrons non sans avoir cherché des traces de mammifères sur la rive gauche… Mais toujours rien… La série de navigation « loutres » avec Julie s’achève ce jour-là, avec un résultat négatif sur le Tarn entre Albi et Saint-Sulpice… Mais il faut quand même garder l’oeil ouvert, avec ces bestioles, on sait jamais ! ■