La vallée du Viaur, au risque de me répéter est une vallée exceptionnelle. Si vous n’avez jamais parcouru les petits sentiers qui la bordent, n’hésitez plus une minute ! C’est l’une des rares rivières du département dont le cours d’eau n’est pas intégralement bordé de routes ou survolé par des avions. Seuls quelques pêcheurs mettent leurs embarcations à l’eau mais sans pour autant troubler ces lieux. L’ambiance qui règne au fond de cette vallée sauvage et préservée du bruit incessant des humains est très reposante ! Pour reprendre les paroles d’un copain de l’association Nautabene, en arrivant sous la falaise de la chapelle des Planques, avec un rayon de soleil oblique qui donnait à la scène un étrange éclairage : « on s’attend à voir surgir un canoë avec les hobbits du seigneur des anneaux ! »

Mais ce jour-là, point de hobbits, mais juste deux passionnés de nature à bord d’un kayak. Depuis que je navigue et que je raconte mes « aventures » sur l’eau, quelques personnes de mon entourage sensibilisées à ces activités espèrent un jour pouvoir embarquer en place avant. Werner m’en parle depuis un bon moment déjà. Restait à réussir à trouver une date commune. C’est chose faite et nous avons donc embarqué depuis la mise à l’eau située sous le château de Thuriès.
La préparation du matériel est toujours un peu plus importante pour moi sur une rivière que sur le lac des Saints-Peyres, dont il est souvent question. Sur le lac, la berge est accessible sur la totalité du trajet, et nos navigations ne nous conduisent pas forcement bien loin. Sur rivière, la donne change un peu… Les berges ne sont pas toujours accessibles et le trajet souvent plus long. Je fais donc un peu plus attention à la préparation du matériel et j’essaie de ne rien oublier d’essentiel. Les navigations avec des collègues naturalistes nécessitent aussi un peu plus de matériel spécifique, comme des pots pour mettre nos trouvailles en exuvies de libellules ou des filets de capture, même si sur le tronçon du jour les récoltes sont souvent pauvres… Un fois les préparatifs achevés, nous avons mis le cap en amont vers le pont de Tanus, à travers un paysage où le minéral et le végétal se marient à merveille.

Après quelques kilomètres avalés en peu de temps, nous sommes arrivés sous la fameuse chapelle des Planques, perchée sur sa falaise dans un méandre du Viaur, comme pour surveiller les usagers du cours d’eau. Pour parler un peu de cette chapelle, je met en extrait d’un document du syndicat d’initiative de Tanus où se trouvent les clés pour la visiter.
Chapelle romane construite entre le XIe et le XIIIe siècle, Notre-Dame de Las Planques doit son nom à une passerelle qui permettait de franchir la rivière du Viaur pour aller de Tanus à Pampelonne. En occitan, « plancas » signifie les planches.

Nous avons effectué un trajet aller retour vers le pont de Tanus, et même si les berges sont moins impressionnantes que sur la première partie, nous avons fait un joli parcours. Lors de la pause, au pied de la passerelle de Las Planques nous avons téléphoné à Christine, avec qui j’avais déjà fait le trajet pour lui faire partager un peu de ce moment ! Nous sommes revenus au point de départ avec de belles images plein les yeux et d’autres idées de navigation… ■
