Sortie n°41 – Lundi 13 avril 2015Tarn – Castelnau de Lévis – Cathédrale d’Albi

Sortie n°41 – Lundi 13 avril 2015
Tarn – Castelnau de Lévis – Cathédrale d’Albi

Malgré un faux départ que je vais rapidement vous conter plus loin, cette sortie est l’une des plus belle jamais réalisée avec le Bélouga 2 ! Avec Romain, un jeune naturaliste, qui heureusement roule lui aussi en kangoo, nous en avons pris plein les yeux ! Franchement, cette sortie, elle était bien méritée après les péripéties du matin !!! Au menu de cette magnifique navigation, les explications techniques suivront : du bois rongé par de grosses ratiches, des oiseaux un peu partout et très près, le passage d’une vieille écluse, une petite virée sous les murailles du palais de la Berbie et des « bouts de crayons » ramenés en souvenir ! Aucun regret de ne pas l’avoir annulé !

Rivière Tarn
Rivière Tarn – Vue sur la cathédrale d’Albi et le Moulin de la Mothe, juste avant le passage de l’écluse de Pratgraussal

On va rapidement parler de la mauvaise matinée passée sur le parking du Leclerc de Gaillac à essayer de redémarrer le kangoo, qui n’a rien voulu savoir… Un moment pas très agréable, mais quand même émaillé d’une touche d’humour, en voyant passer le kangoo et son kayak sur le toit, le tout sur la dépanneuse ! Vous l’aurez compris, le démarreur était mort… Heureusement Romain roule… en kangoo !!! Non ça ne s’invente pas !! 40 sorties avec des voitures de toutes marques, mais jamais de kangoo, et le jour de la panne, c’est en kangoo avec la galerie et le kayak dessus qu’on ira quand même naviguer ! Un drôle de souvenir pour tous les deux, un incident pris avec grand calme et sérénité, et surtout détermination… Oui, on avait vraiment envie de se retrouver sur l’eau ce jour-là pour laisser toute cette poisse derrière… Et le démontage de la galerie pour pouvoir transporter le kayak à Castelnau-de-Lévis valait la peine !

Suite à ce démarrage plutôt tendu, nous avons pris un peu de temps lors de la mise à l’eau. Après avoir descendu le kayak et les affaires du véhicule, nous avons mangé au bord du Tarn avant de partir naviguer… A cette heure là, plus rien ne pressait…

Dès les premiers coups de pagaies, le ton est donné. Deux naturalistes sur le Tarn en kayak, vous vous en doutez, c’est pas là pour faire du sport mais de l’observation d’oiseaux et de mammifères, avec en prime un petit défi de Marien qui héberge le Bélouga 2 dont je parlerai plus loin… Rapidement, nous arrivons vers de zones moins fréquentées et plus éloignées des habitations, et nous naviguons sans faire le moindre bruit, et sans en entendre non plus, chose assez surprenante si près d’une si grande ville. Hérons cendrés, Bihoreaux gris, Martin-pêcheurs décollent à notre approche, mais avec une distance bien plus réduite que d’habitude, et sans manifester trop de stress. Le Milan noir, un rapace qui se trouve chez nous principalement le long des cours d’eau est bien représenté en aval d’Albi et niche dans de grands arbres dans la ripisylve. Les adultes viennent d’arriver et préparent les nids pour la saison à venir. Certains d’entre eux paradent, d’autres s’accouplent, le printemps est bien là et la saison de reproduction a commencé. Les moins affairés d’entre-eux nous regardent passer posés sur une branche, et se laissent même photographier de près.

Milan noir
Rivière Tarn – Un milan noir posé au dessus de l’eau

Sur le trajet qui nous mène à Albi, nous regardons attentivement les berges pour trouver des indices d’un gros rongeur qui a bien failli disparaitre et qui est maintenant protégé. Nous cherchons des traces d’une bestiole bien de chez nous, le Castor d’Europe (Castor fiber). Oui, j’ai bien dit d’Europe… A ne pas confondre avec le Castor du Canada (Castor canadiensis) qui comme vous l’aurez compris vit sur un autre continent… Le notre, qui recolonise peu à peu le territoire qu’il a perdu au siècle dernier a moins d’affinité avec le climat froid d’Amérique du Nord, engendre moins de progéniture et ne construit que très rarement des obstacles sur l’eau pouvant être assimilés à un barrage. Il est donc, vous l’aurez bien compris, beaucoup plus discret et peut facilement passer inaperçu… Bon, ok, certains signes ne trompent quand même pas, naturaliste ou pas… Vous découvrirez sur la photo qui suit quatre exemples de rongeage et découpage qui sont assez voyant ! Oui, c’est bien du travail de notre bucheron préféré qui fait tomber quelques arbres dans les endroits les plus tranquilles afin d’en ronger l’écorche et de couper les branches les plus fines pour les ramener à son garde-à-manger, pour en déguster les feuilles. Nous en avons ramené un petit morceau à Marien pour son travail au muséum, c’était le petit challenge du jour et grâce à la détermination de Romain, il en a eu un beau morceau !

Traces de Castors
Quelques exemples de rongeages réalisés par le Castor d’Europe

Après avoir navigué en pleine nature, puis au bord du Golf d’Albi Lasbordes, nous sommes arrivés à la base de loisirs de Pratgraussals. Cette base de loisirs est située en aval d’un vieux moulin, le moulin de la Mothe. Sur l’autre rive, le moulin de Gardès, en ruine, offre un contraste saisissant avec celui qui lui fait face et qui a été réaménagé en résidence. Au pied de ce moulin à l’abandon, une vieille écluse permet toujours à la gabarre de remonter la rivière vers Albi en évitant la chaussée, elle aussi en ruine, qui barre la rivière.

Rivière Tarn
Rivière Tarn – Vue sur les ponts et la cathédrale d’Albi, juste après le passage de l’écluse de Pratgraussal

Je pensais que notre promenade s’arrêterait là, mais le niveau d’eau était juste ce qu’il fallait pour pouvoir passer l’écluse sans forcer. Nous avons donc tenté le coup et nous avons réussi à passer en amont pour aller découvrir la vue au plus près de la cathédrale. Après avoir passé le pont de la voie ferrée, le panorama s’est ouvert et nous en avons pris plein les yeux ! Albi, la Cathédrale Sainte-Cécile, le palais de la Berbie, le Pont-Vieux… Un spectacle très agréable… Dans les prés sous le palais, plein de gens en train de profiter du soleil, sur l’eau une couleuvre à collier qui traverse, vite détournée par quelques tentatives de la saisir… Elle ne traversera pas et c’est tant mieux, autant qu’elle évite cette berge trop pleine d’êtres humains qui pourraient si facilement la tuer…

Rivière Tarn
Rivière Tarn – Vue sur la cathédrale d’Albi, juste après le passage de l’écluse de Pratgraussal
Rivière Tarn
Rivière Tarn – Vue sur les ponts et la cathédrale d’Albi, juste après le passage de l’écluse de Pratgraussal
Rivière Tarn
Rivière Tarn – Vue sur les ponts et la cathédrale d’Albi, juste après le passage de l’écluse de Pratgraussal

Le retour fut tout aussi intéressant… Peu avant l’arrivée au débarcadère, nous avons croisé de nombreux petits échassiers qui se nourrissaient sur des vasières en bordure de rivière, accompagnés de quelques hérons. La Grande aigrette et l’Aigrette garzette n’ont pas attendu que l’on approche, mais les Chevaliers culblancs et guignettes sont restés, et avec eux un Chevalier aboyeur, un peu plus rare que les deux premiers. Instants magiques, les quelques allers-retours du kayak le long de la vasière ponctués ça et là par des arrêts sur images sur les échassiers et les milans noir, se laissant non seulement approcher mais aussi photographier, ultime récompense après plus de 20 kilomètres de navigation.

Encore une fois, une belle promenade nautique sur cette rivière Tarn, chargée de Nature et d’Histoire… ■

Chevalier aboyeur
Chevalier aboyeur se nourrissant sur une vasière