Sortie n°42 – Samedi 6 juin 2015Week-end ‘Dragonfly Day’ – Aveyron – Jour 1

Sortie n°42 – Samedi 6 juin 2015
Week-end ‘Dragonfly Day’ – Aveyron – Jour 1

Comme chaque début de mois de juin, nous nous sommes retrouvés entre passionnés sur la base de loisirs de Vère-Grésigne pour la traditionnelle sortie « odonates » (comprendre libellules pour les non-naturalistes…) qui ouvre la saison de Macromia splendens, une libellule très rare sur laquelle nous travaillons avec l’OPIE-MP. Nouveauté par rapport aux sessions précédentes, nous avions décidé de passer la nuit sur la base afin de continuer les prospections le lendemain. Et grosse surprise cette année, les premières exuvies avaient été trouvées bien avant par des auvergnats de retour d’un colloque sur Toulouse, en promenade au bord du lac… Nous avons complété ce matin-là le tableau de chasse avec quelques exuvies de plus.

Rivière Aveyron
Navigation à l’ombre des arbres à la recherche d’exuvies

Après avoir mangé tous ensemble, nous avons séparé les naturalistes présents en petits groupes de prospections. Pendant que les uns arpentaient les quelques petits ruisseaux affluents de la Vère, d’autres avaient pour mission de tester un protocole mis en place par une demoiselle en thèse au Conservatoire des Espaces Naturels. Nous avons consacré l’après-midi entier à essayer de mesurer sur une berge un tronçon de 100m et de le découper en tronçons de 10m à l’aide de nos GPS… Et c’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que la technologie ne fait pas tout… Nos appareils n’étant pas assez précis, nous avons eu recours à de bonnes vieilles méthodes pour établir les mesures, à l’aide d’une pagaie, puis d’une corde… Pas facile d’être scientifique… Je préfère de loin rester un humble touriste et laisser les jeunes faire ce genre d’expérience…

Bélouga 2
Le Bélouga 2 au bord de la Vère

Nous avons terminé la journée par un petit repas aux abords de tentes, coincés entre l’ancienne prairie aux orchidées (disparue pour que l’herbe soit fauchée… Faut faire propre messieurs dames…) et les berges à Macromia splendens… A en croire ces quelques lignes, on imagine cette base de loisirs sauvage et merveilleusement tournée vers la nature… Non, ne rêvez pas… Ici aussi d’autres s’acharnent à la rendre « accueillante », au sens de la faire rentrer dans le rang à coups de tondeuse à gazons et de désherbants… Ici règne le monde d’une nature asservie par l’homme pour la rendre plus propre et plus digeste… Plus de ronces, pas trop d’herbes et de haies, on sait jamais… Ça pourrait abriter des serpents et les touristes ne viendraient plus… Et quand on pense que Macromia splendens est venue de la Vère pour s’y reproduire, on se dit qu’il faut vraiment garder espoir !!! ■