Sortie n°44 – Samedi 20 et dimanche 21 juin 2015Bivouac sous les étoiles

Sortie n°44 – Samedi 20 et dimanche 21 juin 2015
Bivouac sous les étoiles

La sortie que je m’apprête à détailler est le premier week-end de Natrix avec son chargement complet pour bivouaquer et aussi sa première sortie de nuit au milieu des grenouilles et des chauves-souris… Depuis Nautabene, je n’avais pas eu l’occasion de retenter une sortie avec les deux caissons d’un Bélouga 2 pleins, et surtout d’essayer le mien dans cette configuration. En effet, le kayak que j’utilise est une vraie mule du milieu marin, il peut emporter près de 300 kilos, poids du kayak et des deux pagayeurs compris… Ça laisse de la marge, surtout si la personne à l’avant pèse pas lourd ! Oui, je sais, le passager arrière doit encore faire quelques efforts pour diminuer la quantité de « matière » qu’il embarque !

Lac de Saint-Géraud
Natrix au bord du lac de Saint-Géraud

Bien que 2015 soit moins chargée que les années précédentes, les sorties en cours de rédaction commençaient à s’accumuler sur le blog… Je prenais des notes en me disant que l’hiver arriverait bientôt… C’était sans me douter que j’allais avoir beaucoup de temps pour écrire !!! Bon d’accord, je tape au clavier de la main gauche, mais ça permet d’avancer quand même… J’ai d’ailleurs toujours un peu de mal à imaginer qu’un gros machin de près de 90 kilos et de 1,70m soit arrêté par un petit truc cassé de quelques centimètres et quelques grammes… Les docteurs en ont décidé autrement… Bon, OK, avec un plâtre pas facile de tenir une pagaie !! Bloqué dans mon appartement depuis une semaine, et pour encore trois semaines à cause d’une petite chute en VTT, je découvre à quel point ces bouffées de liberté prises lors de toutes ces sorties retracées ici sont vraiment merveilleuses !!! Il ne fait pas bon rester enfermé toute la journée dans un appartement où ailleurs… Et je suis vraiment pas fait pour ça… Vivement fin septembre… Si vous lisez ces lignes et qu’il fait beau dehors, allez plutôt faire un tour ! Il faut profiter du temps tant qu’on l’a !!! Et ne jamais rien remettre à demain, on ne sait jamais de quoi il sera fait ! C’était d’ailleurs l’idée de départ de cette sortie !!!

Pour ce genre de randonnée, sur l’eau et en autonomie complète, pas facile de trouver quelqu’un de disponible pour un week-end et qui aime bien partir un peu à l’aventure ! Mais par chance, j’ai réussi à trouver ça au fin fond du Lot… Le modèle léger, et qui n’a peur de rien ! Une fois l’idée lancée et la date fixée, plus possible de reculer ! Heureusement pour moi que le matériel était prêt… Tout était rangé, classé et n’attendait qu’a être emporté… J’entends encore les collègues de Nautabene me demander si j’emporte aussi ma maison !!! Non les gars, juste le nécessaire !!! Bon, en tout cas on a manqué de rien !

Pour le lieu, c’était plus compliqué… il me fallait trouver un parcours assez long pour deux jours et un endroit assez isolé pour bivouaquer… J’ai hésité entre le Viaur au dessus de la retenue de Thuriès, pas top pour camper et très fréquenté; le lac des Saints-Peyres, trop froid et délicat pour un bivouac; et le lac de Saint-Géraud, idéal pour le bivouac tranquille et pour le côté exploration… Coup de bol, j’ai eu l’occasion d’aller voir la mise à l’eau la veille et de vérifier le niveau d’eau, qui était idéal pour ce que je souhaitais faire.

Vendredi soir, ultime répétition, et chargement du kayak dans le couloir du rez-de-chaussée, chez moi, juste pour essayer… Les souvenirs du dernier bivouac sont vite revenus et le chargement s’est fait sans le moindre problème. Tout est rentré, et même plus ! Tout était donc prêt pour le lendemain. Restait plus qu’à imprimer la carte IGN et à réfléchir à un lieu où poser la tente… Même si j’avais déjà ma petite idée…

Le lendemain, chargement du matériel dans le kangoo et mise en place du kayak sur la toit du véhicule avant que la passagère arrive. Toujours pas de soucis pour charger le kayak seul, la galerie et son rouleau permettent de le hisser sans trop de difficultés. Une fois arrivé sur place, nous avons déchargé le kayak et le matériel avant de manger. La mise à l’eau se situe à 500m de la route… Nous avons mis le matériel en place dans le kayak puis nous l’avons sanglé sur son petit chariot. L’un des pneu du deux-roues était dégonflé et le roulage n’a pas été très simple… Mais nous avons atteint l’eau sans difficultés particulières. La mise à l’eau a été plus compliquée… Avec un niveau d’eau si élevé, difficile de se glisser dans le petit espace libre pour accéder à l’eau, et il a fallu manœuvrer…

Une fois sur l’eau, c’est un autre monde ! Après ce petit passage dans un tunnel de verdure et ce départ dans un petit bosquet de saules, le lac s’étend enfin devant nous et même s’il est pas très grand, ça ouvre l’horizon vers un week-end sympa et tranquille ! Les premiers coups de pagaie me rassurent, le kayak se comporte bien. Nous avons un poids total de 260 kilos environ, mais il avance avec une grande facilité et l’inertie est bien plus importante qu’à vide ! Un régal ! Nous filons donc tranquillement sur le lac, sur la partie déja explorée à notre gauche afin de retrouver le lieu où je souhaite bivouaquer.

Lac de Saint-Géraud
A bâbord, les ruines d’un moulin, dont on aperçoit un morceau de mur.

J’avais repéré sur carte quelques endroits pouvant servir de lieu de camp, mais mon idée était de partir au bout du lac, juste en sortie du ruisseau afin de poser la tente dans un superbe pré bien plat. J’espérais que le niveau d’eau nous permette d’aller aussi loin. Après avoir passé les ruines d’un moulin immergé sous le lac, dont seul un morceau de mur dépasse de l’eau, nous avons trouvé la discrète « entrée » du ruisseau, et la petite plage en bordure de prairie. Tout était conforme à mes souvenirs lors de mon premier passage avec Nautabene. Cerise sur le gâteau, le pré venait d’être fauché et de la paille fraiche allait servir de matelas à la tente.

A peine débarqué, nous avons fait une petite marche de découverte des environs. Je connaissais déjà, mais pas Florence. Nous avons suivi un petit chemin vers les ruines du village de Padiès… Après un petit moment passé à admirer la ruine de la tour ronde, dont l’origine n’est pas vraiment bien définie, nous avons repris le sentier vers le kayak pour établir le campement, installer la tente et manger un morceau.

Lac de Saint-Géraud
La tour ronde, proche du lieu du bivouac, près des ruines de Padiès

A la nuit tombante, nous sommes remontés à bord du kayak pour trouver un endroit propice pour regarder le ciel, qui nous préparait un bien joli spectacle. En effet, en ce soir du 20 juin 2015, la Lune, Jupiter et Saturne avaient rendez-vous pour former un superbe triangle bien visible à l’œil nu. Nous avons bien profité de ce spectacle unique, qui n’a d’ailleurs duré qu’un soir car le lendemain, les deux étoiles s’étaient déjà éloignées de la Lune. Après cette petite soirée astronomie perdus dans un champ au milieu de nulle part, nous avons repris la navigation dans une nuit noire, la Lune n’éclairant que très peu… Plongés dans une ambiance incroyable, sans la moindre lumière et le moindre bruit, nous avons fait avancer le kayak en silence, et sans même trop parler le long des ruines du moulin, puis à travers les arbres en fond du lac… Bon, le silence, pas tout le temps ! Dès que les coups de pagaie cessaient, les grenouilles reprenaient leur concert assourdissant ! Chaque fois que nos torches et frontales balayaient le rivage, les chauves-souris venait voler à nos côtés pour chasser les insectes attirés par la lumière. Cette première navigation nocturne restera un moment inoubliable ! La sensation de glisse, sans lumière et sans repère est bien différente de celle ressentie en plein jour.

Le lendemain matin, après une réveil bien tardif, nous avons plié bagage et repris la navigation vers l’autre branche du lac, que je n’avais encore jamais exploré. Et que je n’ai d’ailleurs toujours pas navigué puisque nous avons fait une pause repas un peu longue et que ma passagère devait rentrer pas trop tard. Nous avons donc mis le cap vers le chemin d’accès au lac, non sans avoir profité du paysage et des quelques anses dans lesquelles se jettent de petits ruisseaux.

Lac de Saint-Géraud
Une arrivée de ruisseau dans le lac, un lieu toujours très agréable

La remontée du kayak avec un des pneus du chariot à plat n’a pas été facile. Mais après un week-end si agréable, on a même pas fait attention à toutes ces manipulations pas forcement très sympathiques ! Le dépaysement était tel que quand le lendemain matin je me suis rendu au travail, sur un parking d’un grand centre commercial de Toulouse, j’ai pris une grosse « claque » ! On était tellement bien sur Saint-Géraud, si près du monde moderne, mais tellement à l’écart de ses inconvénients ! Vivement la prochaine sortie ! ■