Encore une histoire de pont ! J’en parle souvent de ces ouvrages, mais rien de plus normal puisque les sorties du kayak que je retrace ici se passent le plus souvent sur rivières ! Et le fait déclencheur de cette navigation commence sur un pont, pour finir sous un pont…
Philippe, un collègue ornithologue passe comme moi pas mal de temps à observer les oiseaux, et souvent sur des ponts près de chez lui pour regarder les berges de l’Agout. Ce jour-là, sous le pont de Saint-Lieux-lès-Lavaur se trouve une Aigrette garzette en difficulté. Elle est posée sur une souche et ne bouge plus… Impossible de s’en approcher à pied. Et comme on a déjà navigué ensemble, il me passe un coup de fil pour savoir si je suis disponible. J’allais justement partir pour Mazamet avec le kayak pour naviguer sur mon lac préféré avec Florence… Nous avons donc fait un petit crochet pour venir l’aider à secourir cet oiseau blessé.

Sous le pont de Saint-Lieux-lès-Lavaur coule l’Agout, une rivière que j’ai déjà navigué deux fois à l’occasion de prospections naturalistes, et qui n’a pas toujours un profil bien régulier… Le courant a souvent tendance à s’accélérer le long d’embâcles ou de petites îles et il faut faire attention à ne pas toucher pour ne pas abîmer la coque du kayak. Une fois sur place, l’opération de déchargement du véhicule sur la piste le long des berges n’a pas pris bien longtemps. Philippe en place avant, qui avait déjà navigué sur l’Agout avec moi n’a pas eu besoin de préparation et nous avons pris rapidement le large pour approcher l’oiseau.

A l’approche de la souche sur laquelle l’Aigrette garzette est posée, elle ne fait pas le moindre mouvement… Elle semble très fatiguée et s’en saisir ne pose pas de difficultés. On pensait qu’elle était prisonnière d’un fil de pêche ou d’un filet, mais ce n’est pas le cas. C’est probablement un coup de fatigue ou un empoisonnement. Nous ramenons l’oiseau vers la berge en prenant les précautions d’usage avec gants et chiffons pour éviter un contact direct avec l’oiseau. Il sera déposé quelques heures après au centre de soins de la LPO Tarn où il finira ses jours dans la nuit, après une tentative de guérison avec des produits riches en protéines pour le booster un peu… Rien n’y a fait… ■
