Sortie n°2 – Samedi 6 juillet 2013Sortie OPIE-MP sur la rivière Viaur

Sortie n°2 – Samedi 6 juillet 2013
Sortie OPIE-MP sur la rivière Viaur

Première sortie solo sur le Bélouga 2, et première prospection Macromia splendens de la saison.

Pour commencer, une petite explication technique pour ceux qui ne connaissent pas Macromia splendens… Non, ce n’est pas le surnom d’un joueur de foot ou de rugby mais celui d’une libellule, et pas n’importe laquelle : La Cordulie splendide. Cet anisoptère (le nom savant des grosses libellules) d’une taille donc assez conséquente est un as du vol en patrouille de long des berges de certaines de nos rivières du sud de la France. Pourtant, il est difficile à observer… Nombreux sont ceux qui rêvent de le voir posé, sagement accroché à une branche, à quelques pas, afin de le prendre en photo ! Faudrait vraiment arriver au bon moment, et ces moments-là doivent être rares… Cette libellule est endémique du Sud de l’Europe et la France en abrite une petite population sur les rivières du sud du pays. Elle est d’une distribution confidentielle et pas si facile que ça à trouver… Pourtant depuis peu, on collecte pas mal de données dans les départements du Tarn, de l’Aveyron et du Lot. Les données collectées proviennent essentiellement de prospections des bords de rivières depuis l’eau pour repérer des exuvies, peau morte de la larve de laquelle s’est extrait la libellule.

Exuvie de Macromia Splendens
Exuvie de la libellule Macromia splendens, la cordulie splendide

Autre petite explication, l’OPIE-MP, quelle est donc cette association ? C’est une déclinaison régionale d’une association nationale d’entomologistes (ceux qui étudient les insectes…) L’OPIE-MP, avec d’autres associations, dont la LPO Tarn, dans laquelle je suis pas mal impliqué participe à la collecte de données en vue d’un inventaire des odonates (libellules) du Tarn. Et Laurent, son président, passe pas mal de temps l’été à motiver les troupes de prospecteurs et à naviguer sur les rivières sur lesquelles on peut trouver des libellules à intérêt patrimonial.

Cette sortie était donc pour moi la première recherche de la Cordulie splendide avec les collègues entomologistes sur le Bélouga 2… Il s’en est pas si mal sorti que ça, même si c’est plus difficile surtout seul à bord pour farfouiller sous les branchages…

Rivière Viaur
Le Bélouga 2 se faufile sous les branches sur la Rivière Viaur

Nous avons commencé par naviguer pour la matinée sur le barrage de Thuriès. Mise à l’eau en amont du barrage et départ vers le petit village en ruine de Las Planques, que par manque de temps et d’intérêt odonatologique, nous n’atteindront pas… Le site est magnifique et très propice à l’émergence (moment au cours duquel la larve sort de l’eau et se transforme en la libellule qu’on connait, donc avec des ailes…) Pourtant, pas la moindre exuvie (peau morte laissée par la larve au moment de la transformation…)

L’après-midi, nous avons navigué en amont de Pont-de-Cirou, avec une mise à l’eau au lieu-dit « La Roque », juste après le barrage. Nous avons progressé vers l’amont jusqu’au lieu-dit « le Moulin de Tourène ». De souvenir, on a trouvé 7 exuvies de macromia. On confirme une station sur laquelle une exuvie avait été trouvée l’année d’avant.

Rivière Viaur
Le Bélouga 2 se faufile sous les branches sur la Rivière Viaur

Le Viaur est une rivière de petit gabarit, mais très calme dans ce secteur et l’environnement est très paisible. La ripisylve (les arbres au bord de l’eau) est superbe et naviguer en bordure des berges sous les frondaisons est très agréable. Le kayak en solo s’est très bien comporté. Pas de soucis pour manœuvrer, ni pour le faire avancer… Le seul regret est que ce genre de tronçon est beaucoup trop court pour le refaire pour autre chose que de la prospection d’odonates… ou alors, il faut franchir les seuils, hélas nombreux sur les rivières… Quoi qu’il en soit, on le naviguera certainement à nouveau l’an prochain ! ■