Une navigation en solitaire sur un lac des Saints-Peyres toujours aussi surprenant, avec une ambiance automnale toujours aussi particulière… Retour sur une sortie un peu hors norme, avec un gros roulage avant la mise à l’eau. Comment en quelques heures changer de monde et changer d’époque, en navigant le long d’arbres fantômes, de souches transformées en fossiles et de ruines de plus de 80 ans. Encore une drôle de petite navigation entre rivière, ruisseaux et lac… L’aventure à une demi-heure de la maison !

Article en cours de rédaction
Je n’apprendrai rien à personne avec ce qui suit, je n’ai jamais été marin, juste un peu plongeur lors de ma courte vie aux Antilles, et même si l’élément liquide me plait, je me vois mal faire une transat en solitaire. Pourtant, de temps à autre, cette solitude fait du bien. Que ce soit dans nos belles hêtraies en Montagne Noire, ou bien sous l’eau en mer Caraïbes (pas vraiment seul, mais dans un silence presque parfait…), j’ai toujours trouvé ces moments vraiment reposants. Cette absence de bruits parasites permet de mieux prendre conscience du monde qui nous entoure et de se déconnecter du quotidien. Un tête à tête avec un poisson-ange sous une paroi à plus de 55 mètres de profondeur, ça ne s’oublie jamais et vingt ans après on y pense encore souvent…
En kayak, en certains lieux, comme le lac des Saints-Peyres, il est aussi possible de faire cette coupure, et de s’isoler du reste de la planète. Là-haut, pas de bruits d’avions comme en Grésigne, pas de bruits de voiture car pas de route sur les berges, et personne autour du lac parce que le lundi, en octobre, c’est pas le coin le plus couru du Tarn et c’est tant mieux… Alors n’hésitez pas à partir à l’aventure, elle est là, juste au bout du chemin, ouvrez juste la porte et sortez ! Et justement ce jour-là, personne pour m’accompagner, mais ça m’allait bien et j’y suis allé sans hésitation.

A l’arrivée, le paysage estival du mois d’aout a laissé la place à un paysage de désolation. Les berges dénudées s’étendent bien bas au dessous des points d’accès au lac. Impossible de mettre à l’eau à l’endroit habituel, trop de risque de casse car les pentes sont raides et les énormes rochers sur le trajet vers l’eau augmentent la difficulté. Je me suis donc dirigé vers le lieu-dit « Le Mézerac » qui présente la plage la plus accessible en cette saison. Je cherche le meilleur endroit pour mettre à l’eau et me promène avec le Kangoo le long de la berge. Après avoir pas mal gambergé, je décide de laisser le véhicule sur le parking en bord de piste et de faire rouler le Bélouga 2 pour mettre à l’eau, le chariot est là pour ça…

Une fois le Bélouga 2 descendu au bord du lac, je me rend compte à quel point l’eau a baissée… Quand je pense qu’au début du mois d’aout, on s’est posé sur les rochers qui sont à gauche sur la photo, ceux du milieux étant à ce moment là entièrement sous l’eau… Le niveau était à quelques mètres des arbres.

Sur la photo ci-dessous, vous admirez un très bel effet d’optique, pas vraiment calculé sur le coup… Les rochers du premier plan et la plage à gauche de la photo ne sont pas sur la même berge que les arbres derrière. De même que les arbres de gauche ne sont pas sur la même berge que les autres arbres… Un méandre de l’Arn contourne une crête rocheuse juste devant le kayak. Cette crête est signalée à la belle saison par une bouée orange afin que les pilotes des bateaux pensent à bien la contourner même quand elle est sous l’eau… Le niveau du lac est tellement variable qu’il est plus prudent de bien arrondir le virage plutôt que de couper tout droit !

Plus en amont, après avoir slalomé entre des arbres morts, le Bélouga 2 se retrouve rapidement dans l’Arn, dont les anciennes berges apparaissent un peu plus à chaque baisse de niveau. Et fatalement, bien avant la « Vieille Morte », le niveau devient trop faible pour naviguer.


Après avoir retourné le kayak pour le remettre dans le sens de navigation, je reprends la direction du lac le long des talus de terre qui bordent le lit de l’Arn. Ici, on est bien sur de la navigation rivière et pas en lac, l’ambiance n’est pas la même… ■




